Entretien : Nora Galbraith à propos des tendances en matière de divorce au Canada

Nora Galbraith de Statistique Canada commente les nouvelles données sur le divorce au Canada.

21 avril 2022

Nathan Battams

En mars 2022, Statistique Canada a publié de nouvelles données sur le divorce au Canada, mettant ainsi en relief les tendances des 50 dernières années en matière de divorce. Il s’agit de la première analyse de l’agence sur les tendances relatives au divorce depuis 2011.

Nora Galbraith, analyste principale au Centre de démographie de Statistique Canada, s’est récemment entretenue avec Nathan Battams de l’Institut Vanier afin de discuter de cette publication, du contexte entourant sa parution et de ce qu’elle révèle à propos du divorce et des familles au Canada.


En quoi, selon vous, les données sur le divorce et les tendances en matière de divorce sont-elles essentielles pour nous aider à mieux comprendre les familles et la vie familiale au Canada?

D’un point de vue très large, je dirais que l’information sur les tendances en matière de divorce est un aspect essentiel qui « prépare le terrain » en vue des discussions portant sur ce qui se passe au sein des familles. Ces tendances constituent un morceau important de notre compréhension globale des tendances liées à la complexité et à la diversité des familles. Vivre son propre divorce ou le divorce de ses parents est un événement marquant dans la vie de chacun.

Quels renseignements uniques recueille-t-on de ces données et que l’on ne retrouve pas dans d’autres sources de données, comme l’Enquête sociale générale (ESG) sur les familles et les ménages?

Ce n’est qu’avec les dossiers administratifs – en particulier la base de données du Bureau d’enregistrement des actions en divorce (BEAD) – qu’on peut obtenir des renseignements complets sur le nombre de divorces prononcés chaque année, qu’on appelle également flux de divorces. Il est possible d’estimer les flux de divorces à partir d’autres sources de données administratives, comme les déclarations fiscales. Toutefois, cette façon de faire pose problème, car l’état matrimonial étant autodéclaré dans les données fiscales, il semble que la population divorcée ne soit pas entièrement représentée. C’est ce qu’avancent certaines études importantes, notamment celles menées récemment par Rachel Margolis, Ph. D., et ses collègues1.

L’ESG constitue une généreuse source de renseignements en matière d’antécédents conjugaux des gens, et son rayonnement ne se limite pas aux mariages et aux divorces légaux. Elle couvre également d’autres réalités, comme les couples en cohabitation et ceux qui « vivent chacun chez soi » (VCCS), soit des relations qui ne sont pas enregistrées sur le plan légal2. Par ailleurs, les arrangements parentaux après la séparation ou le divorce sont également très bien mis en évidence dans l’ESG, ainsi que le sont les raisons pour lesquelles les gens optent pour le mariage ou l’union de fait. Par contre, la question du flux de divorces fait l’objet d’un examen plutôt limité en raison de la taille de l’échantillon et de la population cible de l’ESG, celle-ci ne couvrant que les 10 provinces.

Avec le Recensement de la population, on peut obtenir des renseignements sur la taille et les caractéristiques de la population actuellement divorcée, mais on ne peut pas savoir à quel moment ces personnes ont divorcé – certaines peuvent être divorcées depuis 30 ans, alors que d’autres depuis seulement deux ans. Or, si une personne s’est remariée, son divorce antérieur n’est pas pris en compte, puisque le Recensement ne recueille de l’information que sur l’état matrimonial actuel.

Que fait-on de ces données, et quels types d’organismes, de secteurs et de professions utilisent ces dernières dans le cadre de leur travail en lien avec les familles?

L’utilisation des données sur le divorce varie grandement. Dans le milieu universitaire, on nous a dit que ces renseignements servent à soutenir la recherche liée à la démographie familiale, l’économie, la sociologie, la santé, le travail social, et plus encore. En particulier, le taux de divorce constitue un indicateur ou un point de départ important pour amorcer les discussions et les explorations dans le cadre de divers types de recherche – la famille étant un sujet de portée générale.

Nous espérons que les données sur le divorce permettront de faciliter l’élaboration de politiques et de programmes visant à améliorer la vie des Canadiens et de leur famille, en particulier les adultes ayant vécu un divorce ou les enfants de parents divorcés. Par exemple, une meilleure compréhension de la prévalence globale du divorce et de l’âge moyen des personnes concernées au moment du divorce pourrait aider les décideurs et les responsables des politiques pertinents à mieux cerner les besoins liés, notamment, à la réduction de la pauvreté, à l’isolement social et aux réseaux de soutien, au logement et à la garde des enfants. D’ailleurs, nos partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux nous ont indiqué que les renseignements sur le divorce serviraient à des fins de planification, qu’il s’agisse d’établir des projections concernant les bénéficiaires des régimes publics de retraite ou de prévoir la demande à venir de services de tribunaux de la famille.

Plusieurs provinces et territoires utilisent également ces renseignements afin de comparer et de positionner les tendances de leur région par rapport à celles d’autres régions du Canada – ce qu’ils ne peuvent faire qu’en disposant d’une telle compilation nationale. Par ailleurs, il est également possible de situer les tendances canadiennes en matière de divorce sur l’échelle internationale. Là encore, ces renseignements contextuels importants permettent d’effectuer divers types de comparaisons entre les pays. Les renseignements sur le divorce peuvent également servir dans divers secteurs privés, puisque le divorce est susceptible d’influencer certains comportements individuels comme la demande de logement et les dépenses des consommateurs.

Ces données présentent également, pour nous à Statistique Canada, de nombreuses occasions favorables. Les données sur le divorce constituent une source d’information importante permettant de valider d’autres sources de données sur l’état matrimonial. On peut les utiliser à l’appui de diverses initiatives de l’agence visant à évaluer la qualité du contenu sur l’état matrimonial que l’on retrouve dans d’autres données administratives. On envisage également d’intégrer les données sur le divorce à l’environnement de couplage de données sociales en cours d’élaboration à Statistique Canada, ce qui créerait un tout nouveau monde de possibilités de recherche. Cette intégration permettrait d’examiner les trajectoires socioéconomiques ainsi que les parcours liés à la santé et au bien-être qui mènent au divorce ou qui découlent de celui-ci, en plus des différences de prédisposition au divorce qui distinguent les groupes de population au pays.

L’utilisation des données sur le divorce entraîne-t-elle des erreurs de compréhension ou d’interprétation dont les gens devraient être conscients?

Il est important de comprendre la différence entre flux de divorces et effectif de la population divorcée. Comme mentionné précédemment, le flux désigne le nombre de divorces qui sont prononcés au cours d’une année, que l’on retrouve dans les statistiques de l’état civil. L’effectif renvoie quant à lui à la taille de la population divorcée à un moment précis, et qui est mis en relief par les données du Recensement ou d’un sondage. Parfois, certains rapports indiquent, par exemple, que 2,7 millions de Canadiens étaient divorcés en 2020. Il s’agit là d’un exemple de confusion des concepts – alors qu’on estime qu’environ 2,7 millions de Canadiens avaient le statut matrimonial légal de « divorcé » en 2020, le nombre de divorces qui ont été accordés au Canada en 2020 était beaucoup plus modeste, soit environ 42 900.

Une autre question qui prête quelque peu à confusion est la différence entre l’état matrimonial légal et l’état matrimonial de fait. Le Recensement de la population recueille des renseignements sur ces deux derniers, mais il est important que les utilisateurs soient conscients du concept utilisé et des différences qui sous-tendent ces concepts. Une personne divorcée peut être actuellement en union de fait – par conséquent, son état matrimonial de fait est « vivant en union de fait », alors que son état matrimonial légal est « divorcé ».

Il est également important de faire la distinction entre « actuellement divorcé » et « déjà divorcé ». La plupart des données de sondage, à l’instar du recensement, recueillent l’état matrimonial actuel. Ainsi, une personne peut avoir divorcé trois fois dans le passé, mais si elle est actuellement mariée, les données ne nous informeront pas de ces divorces antérieurs.

Cette récente publication est la première à fournir des données et des renseignements sur les tendances liées aux statistiques de l’état civil au cours des 10 dernières années. Comment en est-on arrivé là et de quelle façon ces analyses sont-elles réalisées?

Nos intervenants ainsi que les utilisateurs de données nous ont informés qu’il y avait une demande d’information actualisée sur le divorce. Avec la pandémie de COVID-19, l’intérêt pour ce sujet s’est davantage accentué. C’est pourquoi nous avons entrepris un projet pilote visant à publier un récapitulatif des données et des analyses sur le divorce, à la fois pour le Canada, les provinces et les territoires.

Ce projet pilote n’aurait pas été possible sans la collaboration de nos collègues du ministère de la Justice du Canada. Ce sont eux qui détiennent la source de données la plus complète en matière de divorce – le Bureau d’enregistrement des actions en divorce (BEAD), dont j’ai parlé plus tôt. Le BEAD a été créé à la suite de la première loi sur le divorce de 1968, dans l’objectif de repérer et d’éliminer les chevauchements dans les procédures de divorce. Au Canada, les personnes souhaitant divorcer doivent d’abord remplir une demande de divorce et la déposer auprès d’un tribunal. Les renseignements de base contenus dans cette demande – l’emplacement du tribunal, la date de dépôt de la demande, la date du mariage, la date de naissance des demandeurs, la date du prononcé du divorce – sont intégrés aux données du BEAD.

On utilise les données du BEAD pour calculer les indicateurs de base en matière de divorce, comme le nombre de divorces et l’âge moyen au moment du divorce. On peut également assortir les renseignements de cette base de données avec les estimations à l’échelle de la population afin d’obtenir divers taux liés au divorce.

Lorsque nous avons l’intention d’acquérir des données administratives comme le BEAD, nous entreprenons un processus de vérification et d’approbation très rigoureux. Une fois les approbations obtenues à l’interne ainsi qu’auprès du fournisseur de données, ici Justice Canada, les données sont transmises à Statistique Canada. Nous avons d’ailleurs eu la chance, peu après l’acquisition du BEAD, d’accueillir David Pelletier au Centre de démographie. David a une expérience professionnelle approfondie sur le sujet du divorce, ayant dirigé le processus de filtrage et de révision du BEAD, créé divers indicateurs et analysé des tendances pour l’article du Quotidien qui en a découlé ainsi que pour une nouvelle série de tableaux de données qui ont été publiés sur notre site Web.

En examinant les données et les tendances récentes, qu’avez-vous été étonnée – ou pas – d’y retrouver, compte tenu de nos connaissances actuelles ou préalables sur le divorce et les tendances en matière de divorce au Canada?

Depuis le début de la pandémie, de nombreux rapports anecdotiques ont fait état d’une forte augmentation du nombre de divorces découlant de la pandémie. Notamment, les avocats spécialisés en divorce ont affirmé avoir dû embaucher plus de personnel et n’avoir jamais été aussi occupés. Par ailleurs, de nombreuses études théoriques ont révélé que les divers défis et facteurs de stress provoqués par la pandémie ont eu un effet très négatif sur la qualité des relations de couple.

Toutefois, les schémas observés au cours des périodes de ralentissement économique antérieures laissent plutôt présager une diminution des divorces, car, en période d’incertitude, les gens ont davantage tendance à éviter tout changement majeur dans leur vie – le divorce étant un processus particulièrement coûteux3. Par contre, le ralentissement économique dans le contexte de la pandémie de COVID-19 a présenté un profil très unique, qui s’accompagnait d’une multitude de difficultés individuelles. Dans un tel contexte, je dois dire que nous ne savions pas trop à quoi s’attendre de ces données!

Dans les faits, les données semblent contredire les rapports anecdotiques, au moins pour 2020, montrant une forte baisse du nombre de divorces prononcés, ce qui représente une diminution annuelle record en pourcentage du nombre de divorces entre 2019 et 2020. Comme l’explique l’article publié dans Le Quotidien4, ces données reflètent évidemment les difficultés à accéder aux services des tribunaux, du moins dans les premiers mois de la pandémie. En outre, si un couple souhaite divorcer après la pandémie, il devra d’abord être séparé pendant au moins un an, pour la plupart des cas. Or, les réelles répercussions de la pandémie sur le nombre de divorces accordés ne peuvent être entièrement évaluées uniquement sur la base des données de 2020.

On compte également quelques autres surprises, dont l’une concerne le taux de divorce par âge. Avant cette publication, au début de mars, la dernière année pour laquelle nous disposions de données sur le divorce était 2008. En nous appuyant sur d’autres sources de données, nous savions qu’entre 2008 et 2020, les familles et les modalités de vie avaient continué d’évoluer; nous nous attendions donc à ce qu’il en soit de même pour les divorces. Nous avions été néanmoins surpris d’observer les tendances qui se sont dessinées au sein des différents groupes d’âge, notamment la réduction accélérée du taux de divorce chez les jeunes adultes ainsi que l’apparence de stabilisation de ce même taux chez les adultes de 50 ans et plus. Par ailleurs, j’ai également été somme toute étonnée de constater à quel point le taux brut de divortialité du Canada était – relativement – faible5 comparativement à celui de nombreux autres pays.

Bien que le Canada compte une proportion relativement élevée de couples en union de fait, ce qui, en théorie, devrait faire baisser le taux brut de divortialité, d’autres pays comme les pays nordiques ont une prévalence d’unions de fait encore plus élevée que le Canada. Or, leurs taux bruts de divortialité sont plus élevés. En outre, si les populations plus jeunes ont tendance à avoir des taux bruts de divortialité plus élevés, étant donné les tendances liées au divorce selon l’âge, il demeure que la population du Canada est relativement jeune. Dans l’ensemble, cela suggère que d’autres caractéristiques non mesurées pourraient être à l’origine du taux brut de divortialité relativement faible du Canada par rapport à l’échelle internationale.

Les données montrent une baisse progressive du nombre de divorces et du taux de divorce raffiné depuis 1991. Pourriez-vous expliquer la « sélectivité du mariage » et son incidence sur les taux de divorce?

Au cours des dernières années, on a souvent eu recours à la « sélectivité du mariage » accrue pour expliquer la baisse du taux de divorce. En réalité, si l’union de fait a gagné en popularité au fil du temps – à titre de prélude, d’alternative ou de post-scriptum au mariage – les personnes qui choisissent de se marier de nos jours constituent un sous-groupe distinct présentant certaines caractéristiques fondamentales qui les rendent moins enclines à divorcer que les cohortes mariées du passé.

Autrement dit, ces personnes sont en quelque sorte « prédisposées » à connaître un mariage plus durable. On ne comprend pas entièrement la nature exacte de ces caractéristiques fondamentales et elles ne sont pas faciles à mesurer. Ces caractéristiques semblent particulièrement présentes chez les jeunes adultes, qui ont connu la baisse du taux de divorce la plus rapide de la dernière décennie.

Cette publication mentionne que l’augmentation des « divorces gris » s’est stabilisée depuis 2006. Quels sont les facteurs qui ont conduit à l’augmentation initiale des divorces gris, et qu’est-ce qui a changé?

Il est important de se rappeler que le divorce chez les personnes de 50 ans et plus était et demeure un événement relativement rare. Le taux de divorce pour ce groupe d’âge a légèrement augmenté entre 1991 et 2006, ce qui semble coïncider avec l’arrivée de la cohorte du baby-boom dans ce groupe d’âge. Le contexte entourant cette cohorte était très différent de celui des générations précédentes. C’est particulièrement le cas pour les femmes du baby-boom, qui ont connu des taux d’activité plus élevés et des revenus individuels plus importants que les cohortes qui les ont immédiatement précédées, ce qui pouvait faciliter ou rendre possible la séparation de leur conjoint et la vie autonome.

Quant à savoir pourquoi ces taux de divorce ont largement atteint un plateau, je crois que, dans une certaine mesure, cela reflète la plus grande « sélectivité du mariage », comme je l’ai mentionné auparavant, qui constitue un facteur ayant probablement une incidence sur tous les groupes d’âge. Nous savons que si l’union de fait est plus répandue chez les jeunes adultes, cet arrangement a gagné en popularité chez les personnes âgées, ce qui peut avoir affecté les tendances observées ces dernières années en matière de divorce. C’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles j’attends avec impatience les résultats du Recensement de 2021 – nous serons alors en mesure de constater dans quelle mesure les unions de fait sont en hausse par rapport aux unions matrimoniales au sein de la population âgée au Canada.

Quel avenir se dessine pour l’analyse et la couverture du divorce au Canada par Statistique Canada?

Suivant le récent projet pilote qui a donné lieu à la publication du 9 mars sur le divorce, nous comptons entreprendre une évaluation, en collaboration avec nos partenaires, afin de déterminer s’il est possible d’établir un programme permanent de statistiques sur le divorce au sein du Centre de démographie de Statistique Canada. Ce programme pourrait produire, par exemple, une publication annuelle sur les données et l’analyse du flux des divorces. À l’heure actuelle, aucune décision n’a encore été prise.

Outre ce récent projet pilote sur le divorce, Statistique Canada amorce actuellement un autre projet similaire concernant les données sur l’enregistrement des mariages. Comme dans le cadre du projet sur le divorce, notre objectif demeure de produire une publication récapitulative présentant des indicateurs clés sur le flux des mariages, à la fois pour le Canada, les provinces et les territoires, afin de fournir des informations pertinentes et actualisées sur les tendances en matière de mariage. Contrairement à la situation du projet sur les divorces, il n’existe pas de fournisseur central de données sur les mariages, ce qui prolonge légèrement l’exécution de ce projet.

Nora Galbraith est analyste principale au Centre de démographie de Statistique Canada.

Nathan Battams est spécialiste en mobilisation des connaissances à l’Institut Vanier de la famille.


Notes

  1. Consultez Entretien avec Rachel Margolis sur les tendances en matière de divorce au Canada (L’Institut Vanier de la famille, 2021).
  2. Pour en savoir plus sur les couples VCCS, consultez l’article Sous la loupe 2019 : Les couples vivant chacun chez soi au Canada (L’Institut Vanier de la famille, 2019).
  3. Apprenez-en davantage dans l’article L’IMPACT DE LA COVID-19 : Les relations de couple au Canada (L’Institut Vanier de la famille, 2020).
  4. Statistique Canada, « Regard sur cinquante ans de divorces au Canada, 1970 à 2020 » dans Le Quotidien, 9 mars 2022.
  5. Le taux brut de divortialité est un calcul du nombre de divorces au cours d’une année donnée, divisé par la population totale en cette même année. Bien que la précision de cette mesure puisse être influencée par les changements démographiques au sein de la population, elle permet néanmoins d’explorer les tendances larges en matière de divorce. De plus, parce qu’on l’utilise partout dans le monde entier, cette mesure permet de réaliser de précieuses comparaisons internationales et historiques.
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