Journée nationale des grands-parents : Des études canadiennes soulèvent de nouvelles perspectives

Tour d’horizon des nouvelles données de recherches et connaissances au sujet des grands-parents au Canada.

6 septembre 2022

Les grands-parents ont toujours fait partie intégrante du paysage familial canadien. Représentant près de la moitié (47 %) de la population âgée de 45 ans et plus, les grands-parents au Canada1 procurent un apport unique, diversifié et précieux à la vie de famille et à son bien-être, entre autres par leur mentorat, leur rôle d’éducateurs et leur savoir-faire, ou en tant que dépositaires de la mémoire familiale.

Le 11 septembre, Journée nationale des grands-parents, sera l’occasion de souligner et de célébrer l’importante contribution des grands-parents (et des arrière-grands-parents) à la vie familiale et au bien-être de la famille partout au pays. Compte tenu du vieillissement de la population canadienne et de l’augmentation de l’espérance de vie, ils continueront de jouer un rôle important, voire grandissant, dans la vie de famille.

Les ménages multigénérationnels représentent le type de profil familial qui a connu la plus forte croissance

Comme en témoignent les données du recensement de 2021 sur les familles, les ménages et l’état matrimonial, les ménages multigénérationnels (c.-à-d. qui abritent trois générations ou plus) représentent le type de ménage comptant une famille de recensement qui a connu la croissance la plus rapide au cours des dernières décennies2.

Plus de 2,4 millions de personnes, soit 6,4 % de la population canadienne totale, vivent aujourd’hui au sein de ménages multigénérationnels, estimés au nombre de 442 000 en 2021. Il s’agit d’une augmentation de 50 % depuis 2001, soit bien plus que l’augmentation globale de 30 % pour tous les types de ménages3.

Les proportions variaient selon les régions, et ont évolué au fil du temps :

  • Au Nunavut, le tiers des enfants de 0 à 4 ans (32,8 %) vivaient avec au moins un de leurs grands-parents en 2021, soit plus du triple de la moyenne nationale (10,4 %). Cette proportion était également supérieure aux moyennes observées en Colombie-Britannique (14,1 %), en Ontario (13,2 %), dans les Territoires du Nord-Ouest (11 %) et au Manitoba (10,6 %)4.
  • C’est au Nunavut (13,5 % de l’ensemble des ménages), dans les Territoires du Nord-Ouest (4,1 %), en Ontario (4 %) et en Colombie-Britannique (3,7 %) que ce type de ménage était le plus répandu.
  • Depuis 2001, c’est au Nunavut, au Yukon, en Colombie-Britannique, en Ontario et dans les Prairies que le nombre de ménages multigénérationnels a augmenté le plus rapidement. Les seules provinces où ce nombre a diminué au cours de cette période sont Terre-Neuve-et-Labrador (-30 %) et l’Île-du-Prince-Édouard (-14 %).

Pour en apprendre davantage, consultez l’article Vivre sous le même toit : Les foyers multigénérationnels au Canada (mise à jour au Recensement de 2021)

Dans de nombreux ménages multigénérationnels, les grands-parents viennent en aide aux plus jeunes générations

Dans un article publié par l’Institut de recherche en politiques publiques, les chercheuses Katie Choi et Sagi Ramaj mettent en relief les conclusions de leur récente étude, qui visait à déterminer si l’augmentation du nombre de ménages multigénérationnels reflète la réaction des familles à la crise du logement abordable au Canada.

Les conclusions de leur étude, qui portait sur le lien entre la cohabitation des grands-parents et la probabilité que leurs enfants vivent dans un logement inabordable, selon les données du Recensement de 2016, suggèrent que les grands-parents choisissent de partager un toit avec les plus jeunes générations notamment pour aider leurs enfants et leurs petits-enfants d’âge adulte à payer leur logement, en plus de leur offrir des ressources.

Comme le soulignent les auteures, cela dépendrait toutefois de la situation financière familiale. Les enfants dont la mère avait un revenu plus faible, ou dont les grands-parents avaient un revenu plus élevé, semblaient bénéficier davantage de la cohabitation avec leurs grands-parents. À quelques exceptions près, elles ont constaté que la vie multigénérationnelle profite généralement plus aux jeunes familles sur le plan financier qu’aux grands-parents (qui parfois y perdent au change financièrement).

Lisez l’article Multigenerational Living : A Strategy to Cope with Unaffordable Housing? (The Conversation – en anglais seulement)

Les grands-parents qui élèvent leurs petits-enfants feront l’objet d’une publication collaborative

Une publication collaborative à venir associée au Partenariat en mouvement mettra en relief la réalité des grands-parents qui élèvent leurs petits-enfants.

Le livre Families, Mobility, and Work permet aux lecteurs d’expérimenter et d’explorer un éventail de possibilités, de répercussions et de défis liés à diverses formes de mobilité géographique pour le travail, dans une perspective familiale. Rassemblant les conclusions d’un important corpus de recherche, faisant principalement écho à la réalité canadienne, cette vaste collection de données met l’accent sur les interrelations entre la vie familiale et différents types de mobilité chez les travailleurs de diverses régions et divers secteurs.

Plusieurs chapitres racontent l’histoire de grands-parents qui élèvent leurs petits-enfants en l’absence des parents. Ces familles sans génération intermédiaire, ou grands-familles, accueillent un nombre croissant d’enfants au Canada et vivent des expériences uniques qui méritent une attention particulière de la part des décideurs.

  • Le chapitre « “Above Everything Else I Just Want to Be a Real Grandparent”: Examining the Experiences of Grandparents Supporting Families Impacted by Mobile Labour in Atlantic Canada » (« Je cherche avant tout à être un vrai grand-parent » : Regard sur l’expérience des grands-parents qui soutiennent les familles touchées par la mobilité pour le travail au Canada atlantique) présente les points saillants d’entrevues et de groupes de discussion avec des grands-parents venant en aide à des familles qui doivent composer avec une importante mobilité pour le travail et l’absence connexe de partenaires masculins.
  • Le chapitre « A Hidden Chapter in Life We Did Not Expect or Foresee: Sharing the Stories of Grand-Families in Prince Edward Island » (Un chapitre caché de la vie aussi inattendu qu’imprévu : Ce que vivent les grands-familles de l’Île-du-Prince-Édouard) raconte les expériences vécues d’un grand-père amené avec son épouse à s’occuper des petits-enfants.

L’ouvrage Families, Mobility, and Work sera disponible en libre accès dès le 12 septembre 2022 sur le site Web des presses universitaires de l’Université Memorial.

Où qu’ils se trouvent et quelle que soit leur mode de cohabitation, les 7,5 millions de grands-parents du Canada apportent une contribution unique et importante à la vie familiale et communautaire, et nous leur souhaitons à tous une heureuse Journée nationale des grands-parents!


Notes

  1. Statistique Canada, « Histoire de famille : les grands-parents au Canada » dans Le Quotidien, 2022. Lien : https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/190207/dq190207a-fra.htm?HPA=1
  2. Tous types de ménages confondus, ce sont toutefois les ménages composés de colocataires (comptant deux personnes ou plus, dont aucune ne fait partie d’une famille de recensement) qui ont connu la plus forte croissance (+54 % depuis 2001).
  3. Statistique Canada, « Seul chez soi : Le nombre de personnes vivant seules est plus élevé que jamais, mais les colocataires sont le type de ménage qui connaît la plus forte croissance » dans Le Quotidien, 2022. Lien : https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/220713/dq220713a-fra.htm
  4. Ibidem
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