De nouvelles données de Statistique Canada démontrent que la pandémie a des conséquences sur la fécondité au Canada

De nouvelles données révèlent que les taux de fécondité ont diminué pendant la pandémie et que certains couples reportent leur projet d’avoir des enfants.

5 octobre 2021

Nathan Battams

Dans un commentaire publié récemment dans la revue Canadian Studies in Population1, la démographe Ana Fostik s’est penchée sur l’ensemble des recherches et des données disponibles quant aux répercussions de la pandémie de COVID-19 sur la fécondité au Canada, qui suggèrent que l’on peut s’attendre à une diminution de l’indice synthétique de fécondité, du moins à court terme.

S’appuyant sur des recherches internationales et des données canadiennes, Mme Fostik explique que l’incertitude persistante et la détérioration des conditions du marché du travail associées à la pandémie sont susceptibles de rendre les couples plus réfractaires à la prise de risques et plus hésitants envers tout engagement à long terme, comme celui d’avoir un enfant.

De nouvelles données de Statistique Canada font écho à ce commentaire et montrent que :

  • en 2020, l’indice synthétique de fécondité était de 1,40 enfant par femme, comparativement à 1,47 en 2019;
  • entre 2019 et 2020, le nombre de naissances vivantes a diminué de 3,6 %, conduisant au nombre de naissances le plus faible observé depuis 20062.

Bien qu’il soit encore trop tôt pour dire si ces réductions découlent de reports ou de l’abandon total de projets en matière de procréation, selon les nouvelles données de l’Enquête sociale canadienne : COVID‑19 et bien-être (ESC-CB), de nombreuses personnes estiment que la pandémie a eu une incidence sur leurs aspirations et leur projet d’avoir des enfants, alors que d’autres renseignements témoignent des effets de la pandémie sur la santé et le bien-être de certaines populations.

Parmi les répondants de 25 à 44 ans interrogés entre les mois d’avril et de juin 2021 :

  • près d’une personne sur cinq (18 %) disait avoir retardé d’un an son projet d’avoir des enfants en raison de la pandémie, les personnes n’étant pas mariées ou ne vivant pas en union libre affichant un taux plus élevé (soit 23 %, contre 15 % chez les personnes en couple) – ce qui indique l’intention de retarder le projet de fonder une famille;
  • environ une personne sur sept (14 %) affirmait vouloir moins d’enfants qu’auparavant en raison de la pandémie, la proportion étant plus élevée chez les personnes qui n’étaient pas mariées ou qui ne vivaient pas en union libre (soit 18 %, contre 12 % chez les personnes en couple)3 ­– ce qui indique l’intention d’avoir moins d’enfants.

Comme le note Mme Fostik dans son commentaire, si les couples sont nombreux à reporter leur projet d’avoir des enfants ou à y renoncer complètement, des recherches ont par ailleurs montré que certains « profitent » au contraire des périodes de chômage pour fonder une famille. Dans une certaine mesure, cela se reflète dans les données de l’ESC-CB, selon lesquelles 7 % des Canadiens de 25 à 44 ans veulent avoir des enfants plus tôt et 4 % souhaitent en avoir davantage que ce qu’ils avaient prévu avant la pandémie.

Consultez l’Enquête sociale canadienne : COVID-19 et bien-être de Statistique Canada

Apprenez-en davantage au sujet des répercussions de la pandémie sur les familles et la vie de famille3

Nathan Battams est responsable de la mobilisation des connaissances au sein de l’Institut Vanier de la famille.


Notes

  1. ANA FOSTIK, « COVID-19 and Fertility in Canada: A Commentary » dans Canadian Studies in Population, 3 septembre 2021. Lien : https://bit.ly/3tt3qia. Cet article s’appuie sur « Incertitude et report : Les conséquences de la pandémie sur la fécondité au Canada », publié par l’Institut Vanier de la famille en juin 2020.
  2. STATISTIQUE CANADA, « Naissances, 2020 » dans Le Quotidien, 28 septembre 2021. Lien : https://bit.ly/3B9YEck
  3. STATISTIQUE CANADA, « Enquête sociale canadienne : COVID-19 et bien-être » dans Le Quotidien, 24 septembre 2021. Lien : https://bit.ly/3ou3BJC
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