Réflexions sur la Conférence sur les familles au Canada 2015

De Nora Spinks, directrice générale de l’Institut Vanier

On dit souvent que « beaucoup de gens croisent votre chemin dans la vie, mais seuls les vrais amis laissent leur marque au fond du cœur ». En ce sens, plusieurs délégués de la Conférence sur les familles au Canada 2015 repartent certainement le cœur rempli au terme de cette expérience unique. Nous avons jeté un regard sur la réalité qui se cache derrière les statistiques. Nous avons examiné la diversité et l’inclusion. Nous avons remis en question nos idées préconçues. Nous avons réfléchi sur nos préjugés. Et nous avons imaginé ce que sera l’avenir des familles au Canada.

Au cours des années ayant mené à cette conférence de 2015, l’Institut Vanier a tenu une Tournée nationale de consultations sur les familles au Canada, dans le cadre de laquelle des milliers de Canadiens ont été invités à réfléchir à leur réalité, à leurs espoirs, à leurs rêves et à leurs attentes. On leur a demandé de compléter l’affirmation « La famille, c’est… », et d’envisager l’avenir en complétant l’assertion suivante : « Et pourquoi pas… ».

Their Excellencies The Right Honourable David Johnston, Governor General of Canada, and Mrs. Sharon JohnstonLa première Table ronde sur les familles au Canada a eu lieu à Rideau Hall au printemps de 2012, sous les auspices de l’Institut Vanier de la famille et de son excellence le très honorable David Johnston, gouverneur général du Canada. Dans son allocution d’ouverture de la conférence de 2015, le président du conseil de l’Institut Vanier, David Northcott, a d’ailleurs cité l’un des leaders canadiens invités à cette première activité : « Et pourquoi ne pas organiser un autre rassemblement à l’image du tout premier Congrès canadien de la famille, pour ainsi renouveler le dialogue en invitant des gens de toutes les régions du pays? »

C’est précisément ce que nous venons de réaliser avec la Conférence sur les familles au Canada 2015! Et avec succès…

Dans le but d’apprendre, les délégués sont venus des quatre coins du pays, c’est-à-dire des dix provinces et de deux territoires. Ce sont des gens de tous les horizons représentant plusieurs secteurs de l’industrie. Leurs échanges ont été éclairés par les perspectives diversifiées de chercheurs, d’universitaires, de spécialistes, d’auteurs, de journalistes, de fournisseurs de services, de responsables gouvernementaux, de fonctionnaires, de militants, ainsi que de gens ayant vécu toutes sortes d’expériences.

On y est venu pour s’informer, pour entendre d’autres points de vue, pour partager des idées et pour se laisser inspirer.

La passé permet d’apprendre; le présent permet de grandir; l’avenir ouvre des possibilités. Durant deux jours, les délégués ont eu l’occasion de jeter un regard en arrière, d’examiner le présent, et de se projeter résolument vers l’avenir.

Conference speaker Andrew Solomon

Proposée par un organisme de recherche et d’éducation, cette conférence consacrée aux familles au Canada s’est révélée unique à plusieurs égards. À l’étape de sa planification, nous tenions déjà à en faire une activité informative, mémorable, marquante, pertinente et inspirante. Nous voulions que le rendez-vous soit positif, inclusif et chargé d’espoir. Ces objectifs ont été atteints, et même dépassés. En fait, ce fut un rassemblement plus réussi que nous aurions pu l’espérer, rehaussé par les activités récentes et actuelles, par les moyens technologiques, par la contribution de nos panélistes et conférenciers de talent auprès des délégués, ainsi que par l’ouverture et l’engagement de tous les participants.

Qui eut cru que la prestation musicale O Siem (Nous sommes une famille) de la talentueuse artiste inuite Susan Aglukark se révélerait aussi touchante et donnerait le ton à l’ensemble de cette conférence?

Qui eut cru qu’à notre première journée, nous puissions compter sur un conférencier principal qui aborderait l’incapacité, la différence et la diversité en parlant ouvertement – et sans crainte d’être jugé – de sa propre structure familiale complexe, où lui-même, son époux, quatre autres adultes et quatre enfants partagent leur vie dans divers lieux répartis sur trois États?

Qui eut cru que la Commission de vérité et réconciliation aurait publié son rapport juste avant le début de la conférence, et sept ans jour pour jour après l’allocution au Sénat de notre panéliste Phil Fontaine, ancien chef national de l’Assemblée des Premières Nations (APN), au sujet du respect, de la réconciliation et de la résilience, ce qui avait alors amorcé le processus?

Conference speakers Archbishop V. James Weisgerber, Kelly J. Lendsay and Phil FontaineQui eut cru, il y a seulement quelques années, qu’on demanderait aux participants d’une telle activité d’allumer leurs téléphones – plutôt que le contraire – en les invitant à publier des gazouillis au sujet de nos échanges?

Qui eut cru que des milliers de gazouillis seraient publiés avec le mot-clé de la conférence? À titre de comparaison, l’Institut suscite généralement de 5 à 10 gazouillis par jour. Un millier en une journée, c’est beaucoup…

Qui eut cru que nous pourrions non seulement toucher les gens dans la salle, mais aussi des milliers d’autres grâce à Twitter, et encore quelques milliers par les entrevues radiophoniques accordées durant la conférence par Andrew Solomon, barbara findlay et moi-même? Que ce soit à l’échelle locale, nationale ou internationale, nos échanges ont trouvé des échos bien au-delà de la salle de congrès.

Conference speakers barbara findlay and Ann DouglasQui eut cru que ceux et celles qui s’emploient à étudier, à servir et à soutenir les familles accepteraient aussi généreusement de sortir de leur zone de confort? Qui eut cru qu’un congrès de recherche puisse faire la part belle à des gens qui chantent, qui parlent de danse, qui racontent leur réalité, qui se serrent dans les bras, et qui partagent ouvertement leurs sentiments et leur vécu au sujet de la vie de famille, de leurs travaux sur les familles et la vie de famille, ou de leurs efforts pour soutenir les familles à la maison et dans les collectivités?

Qui eut cru que des universitaires accepteraient de s’exposer à un parterre de délégués sans le moindre outil PowerPoint pour expliquer leurs travaux au sujet des familles!

Qui eut cru que le graphisme, l’art et la musique puissent servir ainsi à transmettre des connaissances, et que le transfert du savoir puisse passer par la musique rap, la vidéo, la poésie, la présentation d’affiches, et même des tours de magie?

Conference speaker Carl CadoganQui eut cru que des artistes puissent se mêler aux délégués d’un congrès de recherche, et que des musiciens puissent y figurer parmi les panélistes? Qui eut cru que l’on puisse réunir ici, au Canada, des représentants autochtones (Premières Nations, Inuits et Métis), des leaders de l’Église catholique, un rabbin, un leader de la communauté musulmane, et des délégués hindouistes et de cultures diverses?

Nous voulions recueillir de nouvelles données et des idées renouvelées, puis y réfléchir et nous en inspirer pour les transposer concrètement dans nos travaux… Nous voulions mieux comprendre la pauvreté, l’itinérance, la petite enfance et l’âge mûr… Nous voulions mieux comprendre le pouvoir des relations et l’importance de communiquer… Nous voulions mieux saisir l’envers et le revers de la médaille sur le plan de la technologie, c’est-à-dire la détresse et l’exclusion qu’elle engendre parfois, mais aussi le pouvoir inclusif qu’elle recèle. Tous ces objectifs ont été atteints, voire dépassés!

Conference speakers Corey and Jessie Van EssenAu terme de cette Conférence sur les familles au Canada 2015, les délégués ont eu l’occasion de faire le point sur cette expérience, et cherchent à faire du Canada un pays où les familles puissent s’engager pleinement et prospérer au sein d’une société bienveillante et dévouée, tout en bénéficiant d’une économie solide et prospère, d’une culture inclusive et dynamique dans un environnement sécuritaire et durable.

Pour y parvenir, il faudra faire preuve de créativité, d’innovation, de passion, de raison, de courage, d’engagement et de collaboration. Grâce à l’intelligence des participants à cette conférence, aux échanges inspirants qui s’y sont déroulés, de même qu’à la diversité des approches pour mieux comprendre les familles du Canada, nous avons compris qu’il reste encore beaucoup à accomplir, mais surtout que l’avenir est rempli de possibilités et d’avenues à explorer.

Et pourquoi ne pas envisager déjà, dans cinquante ans, une Conférence sur les familles au Canada 2065, où la prochaine génération de ceux qui étudieront, serviront et soutiendront les familles du Canada pourra se réunir afin de célébrer la concrétisation de nos perspectives actuelles?

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