En bref : L’IMPACT DE LA COVID-19 sur les transitions liées à l’emploi chez les immigrants

Série En bref de l’Institut Vanier : Mobiliser la recherche sur les familles au Canada

Diana Gerasimov

16 mars 2021

ÉTUDE : Hou, F., G. Picot et J. Zhang. « Transitions entre les périodes d’emploi et de chômage vécues par les immigrants pendant la période de confinement obligatoire en raison de la COVID-19 et la période de reprise des activités », StatCan et la COVID-19 : Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur, no 45-28-0001 au catalogue de Statistique Canada (20 août 2020). Lien : https://bit.ly/2Ow1ENn


En mars et en avril 2020, le marché du travail canadien a perdu 3 millions d’emplois en raison du confinement lié à la COVID-19. Au fur et à mesure que les activités économiques et les entreprises ont redémarré entre mai et juillet 2020, 1,7 million d’emplois ont été récupérés.

Il est raisonnable de croire que les immigrants au Canada ont été touchés de manière disproportionnée par les répercussions économiques de la pandémie de COVID-19 : des données montrent que les immigrants récents ont tendance à avoir une durée d’emploi plus courte que les travailleurs nés au Canada, et les employés ayant une courte durée d’emploi sont plus touchés par les licenciements en périodes de ralentissement économique.

Avant la pandémie de COVID-19…

  • Environ 31 % des immigrants récents occupaient un emploi depuis moins d’un an, par rapport à 15 % des travailleurs nés au Canada.
  • En février 2020, 22 % des immigrants récents, généralement plus susceptibles d’occuper des emplois moins bien rémunérés, occupaient des emplois peu rémunérés, contre 12 % chez les travailleurs nés au pays.
  • Le taux de transition entre l’emploi et le chômage était faible chez les immigrants récents, les immigrants de longue date et les personnes nées au Canada, oscillant entre 2 % et 4 % entre février 2019 et février 2020.

Les sondages hebdomadaires réalisés au cours de cette période par la firme Léger, l’Association d’études canadiennes et l’Institut Vanier de la famille ont révélé que les immigrants étaient largement plus susceptibles que les répondants nés au Canada de déclarer une diminution de leur revenu en raison de la pandémie et une difficulté à remplir leurs obligations financières à court terme (p. ex. paiement du loyer ou de l’hypothèque, paiement des factures dans les délais prescrits)1.

Les données de l’Enquête sur la population active (EPA) confirment ces répercussions disproportionnées, comme en témoignent les différents taux de transition entre l’emploi et le chômage – c’est-à-dire la proportion des personnes en emploi au cours du mois précédent qui n’occupaient pas d’emploi durant le mois où l’enquête a été réalisée. Cette enquête compare les taux observés chez les immigrants récents (ceux qui sont au Canada depuis 10 ans ou moins), les immigrants de longue date (ceux qui sont au Canada depuis plus de 10 ans) et les personnes nées au Canada, et révèle que les immigrants récents étaient le groupe le plus gravement touché. En avril 2020, 17 % des immigrants récents qui étaient en emploi au cours du mois précédent ne l’étaient plus, contre 14 % chez les immigrants de longue date et les personnes nées au pays.

Parmi les personnes concernées par le taux de transition vers le chômage, les immigrantes récentes représentent le groupe qui a connu la plus forte augmentation. Près de 20 % des immigrantes récentes qui étaient en emploi en mars 2020 n’avaient plus de travail en avril 2020, par rapport à 13 % des femmes nées au Canada.

Entre février 2019 et avril 2020, les trois groupes présentaient un taux de transition comparable de retour vers l’emploi, les immigrants récents ayant un taux légèrement supérieur à celui des personnes nées au pays. Toutefois, à mesure que la reprise économique partielle s’accentuait, les taux de transition des immigrants récents étaient inférieurs de 5 points de pourcentage à ceux des personnes nées au Canada en mai 2020, de 3 points en juin 2020 et de 1 point en juillet 2020.

Au début de cette lente reprise, les immigrantes récentes avaient des taux de transition plus faibles entre le chômage et l’emploi. Ces dernières présentaient l’écart le plus important par rapport aux femmes nées au Canada : inférieur de 5 points de pourcentage à la fois en mai et en juin 2020, et de 2 points en juillet 2020.

Lorsque l’on tient compte de l’âge, du niveau d’éducation et de l’emplacement géographique, l’écart entre les immigrantes récentes et les femmes nées au Canada se creuse davantage. Ces variations peuvent être attribuées à la différence relative à la croissance de l’emploi selon le niveau salarial et le secteur industriel. Il reste à déterminer si ces différences s’atténueront au fur et à mesure que la reprise économique progressera.

Diana Gerasimov est titulaire d’un baccalauréat en communications et études culturelles de l’Université Concordia.


Note

  1. Pour en savoir plus, consulter Les familles nouvellement établies au Canada et le bien-être financier pendant la pandémie.

 

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