En bref : L’IMPACT DE LA COVID-19 chez les Canadiens LGBTQ2+

Série En bref de l’Institut Vanier : Mobiliser la recherche sur les familles au Canada

Diana Gerasimov

25 février 2021

ÉTUDE : Prokopenko, E., et C. Kevins, « Vulnérabilités liées à la COVID-19 chez les Canadiens et les Canadiennes LGBTQ2+ », StatCan et la COVID‑19 : Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur, no 45-28-0001 au catalogue de Statistique Canada (15 décembre 2020). Lien : https://bit.ly/2NEWRZ8


Les restrictions de santé publique instaurées en vue de prévenir la propagation de la COVID‑19 ont créé des obstacles particuliers pour les Canadiens LGBTQ2+1, qui sont déjà confrontés à des inégalités sur les plans du revenu, de la sécurité financière et du logement par rapport à leurs homologues ne s’identifiant pas comme LGBTQ2+.

L’Agence de la santé publique du Canada a indiqué que les personnes confrontées à une instabilité financière ou celles qui vivent dans des conditions précaires (logement peu sécuritaire, inadéquat ou inexistant) sont particulièrement vulnérables pendant la pandémie. L’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés de 2018 met en relief les différences en ce qui concerne les vulnérabilités socioéconomiques des personnes LGBTQ2+, en déterminant les défis et les facteurs de stress qui pourraient les exposer à des risques accrus face aux répercussions de la pandémie de COVID-19.

  • Le revenu personnel moyen des personnes LGBTQ2+ était nettement plus faible (39 000 $) que celui des personnes n’étant pas LGBTQ2+ (54 000 $).
  • Quelque 33 % des Canadiens LGBTQ2+ ont fait part de difficultés à répondre à leurs besoins essentiels, que ce soit en matière de logement, de transport, d’alimentation et d’autres dépenses nécessaires, contre 27 % chez les Canadiens n’étant pas LGBTQ2+.
  • Parmi les Canadiens LGBTQ2+, 11 % ont affirmé ne pas être en mesure de s’acquitter d’une dépense imprévue de 500 $, par rapport à 7 % des Canadiens n’étant pas LGBTQ2+.
  • Les Canadiens LGBTQ2+ étaient plus de deux fois plus susceptibles (27 %) d’avoir connu un certain type d’itinérance ou d’insécurité liée au logement que leurs homologues n’étant pas LGBTQ2+ (13 %).
  • Les Canadiens LGBTQ2+ étaient trois fois plus susceptibles (6 %) que leurs homologues n’étant pas LGBTQ2+ (2 %) de déclarer avoir été obligés de vivre dans un refuge, dans la rue ou dans un immeuble abandonné.
  • Les Canadiens LGBTQ2+ étaient deux fois plus susceptibles que leurs homologues n’étant pas LGBTQ2+ (7 % contre 3 %) d’indiquer avoir dû résider temporairement à l’extérieur de leur domicile pour échapper à une situation abusive ou violente à maison.
  • Les jeunes LGBTQ2+ de 15 à 24 ans (35 %) étaient plus susceptibles de vivre à l’extérieur de la résidence de leurs parents que leurs homologues n’étant pas LGBTQ2+ (24 %).

En août 2020, l’organisme Egale Canada, en partenariat avec le African-Canadian Civic Engagement Council et le INNOVATIVE Research Group, a publié les conclusions de son deuxième rapport national confirmant que la pandémie a eu des répercussions plus importantes sur les communautés LGBTQI2S au Canada, et davantage encore sur les personnes autochtones, noires et de couleur (PANDC)2 :

  • Par rapport à la population nationale, les PANDC LGBTQI2S étaient plus susceptibles d’indiquer que la pandémie avait des conséquences importantes sur leur qualité de vie globale (42 % contre 29 %).
  • Les personnes LGBTQI2S et les membres de leur ménage ont été plus touchés (52 %) par les licenciements et/ou la réduction des heures de travail que l’ensemble des répondants nationaux (43 %).
  • Comparativement à la population totale, les PANDC de la communauté LGBTQI2S étaient plus de deux fois plus susceptibles de déclarer que la pandémie avait eu une incidence importante sur leur santé mentale (47 % contre 26 %).
  • Les PANDC LGBTQI2S sont les moins susceptibles (60 %) d’affirmer se sentir confiants et en sécurité dans la situation financière actuelle de leur ménage, par rapport aux personnes LGBTQI2S (67 %) et aux répondants nationaux (72 %).
  • Cependant, parmi les personnes LGBTQI2S interrogées entre mars et juin 2020, on a constaté une augmentation de la confiance sur le plan financier, celle-ci étant passée de 45 % à 67 %.

Diana Gerasimov est titulaire d’un baccalauréat en communication et études culturelles de l’Université Concordia.

Consultez l’étude complète

Ressources connexes :

Célébrer la famille choisie au sein de la communauté LGBTQ+

Entretien avec Lucy Gallo à propos de l’accès, de l’adaptation et de la résilience chez les jeunes LGBTQI2S


Notes

  1. Cette communauté est composée de Canadiens et de Canadiennes qui s’identifient comme gais/lesbiennes, bisexuels, transgenres, bispirituels ou ayant une autre identité sexuelle minoritaire.
  2. Egale Canada, African-Canadian Civic Engagement Council et INNOVATIVE Research Group, « Impact of COVID-19 on Canada’s LGBTQ2IS Community », Second National Report (27 août 2020). Lien : https://bit.ly/2GzIb9O (Voir aussi le premier rapport en français : Les répercussions de la COVID-19 : Regard sur la communauté LGBTQI2S canadienne. Lien : https://bit.ly/3qOZMNn)

 

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