En bref : Les événements stressants de la vie et l’insécurité alimentaire

Diana Gerasimov partage des données de recherche sur les liens entre les événements stressants de la vie et l’insécurité alimentaire.

Diana Gerasimov

12 avril 2021

Série En bref de l’Institut Vanier : Mobiliser la recherche sur les familles au Canada

ÉTUDE : El-Hajj, A. et E. Benhim, « Association entre l’insécurité alimentaire et les événements stressants de la vie chez les adultes au Canada », Série de documents de recherche de l’Étude longitudinale et internationale sur les adultes, no 89-648-X au catalogue de Statistique Canada (mars 2021). Lien : https://bit.ly/3rZ2jEn


Santé Canada (2012) définit l’insécurité alimentaire comme étant « l’incapacité de se procurer ou de consommer des aliments de qualité, ou en quantité suffisante, de façon socialement acceptable, ou encore l’incertitude d’être en mesure de le faire ». Les recherches montrent que les conditions de vie stressantes contribuent à accroître la possibilité de connaître l’insécurité alimentaire. L’étude cherche à déterminer si le fait de vivre plusieurs événements stressants peut accroître la probabilité qu’une personne déclare une insécurité alimentaire, comparativement aux personnes qui n’ont été exposées qu’à un seul ou à aucun événement stressant.

Les auteurs de l’étude définissent les événements stressants de la vie comme des événements, prévus ou imprévus, qui ont des effets néfastes sur le bien-être des personnes touchées et des membres de leur famille. Il s’agit notamment de la perte d’un emploi, de la détérioration de la situation financière ou du décès d’un être cher.

Principales constatations

  • Les adultes qui ont indiqué avoir vécu au moins deux événements stressants de la vie étaient quatre fois plus susceptibles d’être en situation d’insécurité alimentaire que ceux ayant déclaré n’avoir vécu aucun événement stressant.
  • Cinq événements stressants de la vie sur 10 étaient associés à l’insécurité alimentaire.

Insécurité alimentaire et événements stressants

Les adultes en situation d’insécurité alimentaire étaient plus susceptibles que leurs homologues en situation de sécurité alimentaire de déclarer :

  • La perte de leur emploi (20 % contre 6 %);
  • Une détérioration de leur situation financière (38 % contre 5 %);
  • Avoir été victime d’un crime (10 % contre 3 %);
  • Une blessure ou une maladie personnelle ou subie par une personne apparentée ou un ami (35 % contre 19 %).

En 2018, 5 % des Canadiens interrogés disaient être en situation d’insécurité alimentaire, et 94 % affirmaient se trouver en situation de sécurité alimentaire. Parmi les Canadiens ayant déclaré souffrir d’insécurité alimentaire :

  • 44 % étaient des hommes et 55 % étaient des femmes;
  • 39 % étaient propriétaires, comparativement à 61 % qui étaient locataires;
  • 41 % avaient obtenu tout au plus un diplôme d’études secondaires, alors que 17 % avaient obtenu au moins un baccalauréat;
  • 11 % vivaient dans la région de l’Atlantique, 15 % vivaient au Québec, 41 % vivaient en Ontario, 20 % vivaient en Alberta et 13 % vivaient en Colombie-Britannique;
  • 25 % étaient des immigrants, contre 74 % qui étaient nés au Canada.

Les résultats démontrent que les événements stressants de la vie qui touchent la situation financière et la santé d’un adulte sont généralement ceux que l’on associe le plus à l’insécurité alimentaire. Une meilleure compréhension de la durée typique des effets des événements stressants de la vie fournirait des renseignements précieux pour les chercheurs et les décideurs.

Diana Gerasimov est titulaire d’un baccalauréat en communications et études culturelles de l’Université Concordia.

Ressources connexes :

Insécurité alimentaire et finances familiales pendant la pandémie

Sous la loupe 2019 : L’insécurité alimentaire au Canada

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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