En bref : La productivité et les préférences relatives au travail à domicile

Diana Gerasimov nous fait part de ses récentes réflexions sur les expériences de travail à domicile.

Diana Gerasimov

16 juin 2021

Série En bref de l’Institut Vanier : Mobiliser la recherche sur les familles au Canada

ÉTUDES :

MEHDI, T., et R. MORISSETTE, « Travail à domicile : productivité et préférences », StatCan et la COVID-19 : Des données aux connaissances, pour bâtir un Canada meilleur, no 45‑28‑0001 au catalogue de Statistique Canada, Ottawa : Statistique Canada (2021). Lien : https://bit.ly/3iJ0Lxy

MEHDI, T., et R. MORISSETTE, « Le travail à domicile après la pandémie de COVID-19 : une estimation des préférences des travailleurs, Statistique Canada. Lien : https://bit.ly/35BGh25

ASSOCIATION D’ÉTUDES CANADIENNE, Analysis Through Week 62, Réseau COVID-19 sur les impacts sociaux (2021)1.


Depuis mars 2020, les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur l’économie canadienne ont redéfini les modalités de travail pour une grande partie de la main-d’œuvre du Canada. En mars 2021, près d’un an après le début de la pandémie, 32 % des travailleurs canadiens de 15 à 69 ans travaillaient principalement à domicile, contre 4 % en 2016.

L’augmentation du télétravail après la pandémie pourrait entraîner des conséquences importantes sur le transport en commun, la circulation, les émissions de gaz à effet de serre, l’occupation des espaces de bureaux et le logement. L’importance de ces facteurs variera grandement selon la proportion de Canadiens travaillant à domicile, le nombre d’heures qu’ils y travaillent et la capacité de maintenir les niveaux de productivité des travailleurs au fil de ces changements.

Les employés font état d’une productivité accrue

Parmi les nouveaux télétravailleurs qui sont passés du travail dans un bureau ou un lieu de travail au travail à domicile pendant la semaine du 14 au 20 février 2021 :

  • 90 % ont déclaré être au moins aussi productifs qu’ils l’étaient auparavant.
  • Plus de 58 % ont affirmé accomplir à peu près la même quantité de travail à l’heure, 32 % ont avoué accomplir plus de travail à l’heure et les 10 % restants ont mentionné qu’ils accomplissaient moins de travail à l’heure.

Les employés travaillant désormais à domicile ayant déclaré une baisse de productivité signalent divers obstacles

  • 20 % ont mentionné le manque d’interaction avec les collègues comme principale cause de leur baisse de productivité.
  • 20 % ont indiqué que les tâches familiales et les responsabilités liées à la garde d’enfants contribuaient à diminuer leur productivité.

Les télétravailleurs déclarent travailler un plus grand nombre d’heures par jour

  • 48 % des employés ayant indiqué accomplir plus de travail à l’heure déclarent également travailler plus d’heures par jour que par le passé.
  • 44 % des personnes ayant déclaré accomplir moins de travail par heure ont affirmé travailler un plus grand nombre d’heures par jour qu’auparavant.
  • 35 % de tous les nouveaux télétravailleurs ont indiqué travailler plus d’heures qu’ils le faisaient dans leur lieu de travail habituel, alors que 3 % ont déclaré travailler moins d’heures.

Dans le cadre d’une étude récente de Statistique Canada, on a demandé aux nouveaux télétravailleurs ayant commencé à travailler à domicile pendant la semaine du 14 au 20 février 2021, selon quelles modalités ils préféreraient travailler une fois la pandémie terminée.

  • 80 % ont déclaré qu’ils aimeraient travailler au moins la moitié de leurs heures à domicile.
  • 41 % ont affirmé qu’ils préféreraient travailler environ la moitié de leurs heures à domicile et l’autre moitié, à l’extérieur du domicile.
  • 39 % ont précisé qu’ils aimeraient travailler la plupart ou la totalité de leurs heures à domicile.
  • 20 % ont dit qu’ils préféreraient travailler la plupart ou la totalité de leurs heures au bureau.

Une récente enquête réalisée du 21 au 23 mai 2021 par le Réseau COVID-19 sur les impacts sociaux de l’Association d’études canadiennes (AEC) a révélé ce qui suit concernant les expériences et les préférences en matière de télétravail :

  • Deux Canadiens interrogés sur trois (31 %) continuent de travailler à domicile.
  • La moitié des Canadiens (49 %) ont travaillé à domicile pendant presque toute la durée de la pandémie (environ 16 mois).
  • 82 % considèrent l’expérience positive; 64 % déclarent que le télétravail a été facile.
  • Les hommes âgés sont plus enclins à souhaiter travailler entièrement à domicile après la pandémie, alors que les jeunes hommes préfèrent répartir leur temps de travail entre le bureau et le domicile.
  • Parmi les Canadiens interrogés ayant déclaré qu’ils préféreraient travailler à domicile au moins quelques jours, voire une semaine par mois, près de 18 % ont indiqué comme principale raison que cela leur permettrait d’être de meilleurs parents pour leurs enfants (39 % ont parlé d’une meilleure productivité et 35 % ont dit ainsi pouvoir éviter les longs trajets vers le lieu de travail).
  • Les immigrants sont plus susceptibles (29 %) que les personnes nées au Canada (17 %) de vouloir poursuivre le télétravail et ne pas retourner au bureau.
  • Les immigrants et les personnes nées au Canada ont déclaré, dans une même proportion, qu’ils préféreraient travailler quelques jours par semaine au bureau ou au lieu de travail et quelques jours à domicile (40 % chacun).

Conclusions

Malgré la liste des raisons mentionnées en faveur du travail à domicile, on ne sait toujours pas comment les gens concilieront leurs responsabilités professionnelles et familiales lors de la relance suivant la pandémie de COVID-19. Bien que la décision d’opérer une transition permanente vers le télétravail repose principalement sur les employeurs et les gestionnaires, et qu’elle demeure indéterminée, la tendance globale vers l’accroissement du télétravail reste à surveiller au cours des prochains mois.

Diana Gerasimov est titulaire d’un baccalauréat en communication et études culturelles de l’Université Concordia.


Note

  1. Le sondage réalisé par l’Association d’études canadiennes et la firme Léger du 21 au 23 mai 2021 comprenait environ 1 600 personnes de 18 ans et plus qui ont été sélectionnées de façon aléatoire à partir du panel en ligne LEO. À l’aide des données du Recensement de 2016, les résultats ont été pondérés en fonction du sexe, de l’âge, de la langue maternelle, de la région, du niveau de scolarité et de la présence d’enfants dans le ménage, dans le but d’assurer un échantillon représentatif de la population. Aucune marge d’erreur ne peut être associée à un échantillon non probabiliste (panel Web). Toutefois, à des fins comparatives, un échantillon probabiliste de 1 624 répondants a une marge d’erreur de ±2,43 %, et ce, 19 fois sur 20, alors qu’un échantillon probabiliste de 1 002 répondants a une marge d’erreur de ±3,09, et ce, 19 fois sur 20.
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